La loi du silence dans l’État

Dimanche, 15 mai 2011

Les gouvernants s’assurent une grande liberté d’action, surtout quand ces actions vont à l’encontre de l’intérêt public, en imposant la loi du silence à leurs employés en toute légalité.

Vous êtes-vous déjà demandé comment les gouvernants fédéraux, provinciaux ou municipaux peuvent conclurent des ententes à l’encontre de l’intérêt public en toute impunité? Ou encore fermer les yeux sur les magouilles de leurs riches amis qui financent leur parti, sans que personne n’en entende parler? Après tout, des milliers de fonctionnaires et d’employés parapublics ou municipaux sont nécessairement impliqués dans ces transactions illicites ou immorales et ils ne peuvent pas tous être aveugles, stupides ou corrompus…

Alors pourquoi tous ces milliers d’employés se taisent?

Le régime de la peur

C’est bien connu, dans l’entreprise privée, un employé doit respecter son employeur. Il est légalement tenu de garder le silence quant aux informations auxquelles son poste lui donne accès. Dans le meilleur des mondes, ces mesures légales protègent le caractère confidentiel de certaines informations et assurent une compétitivité loyale sur le marché.

Mais tous les employeurs ne sont pas honnêtes. Certains transgressent des lois ou trouvent le moyen de les contourner. Un employé s’apercevant de la chose peut se retrouver dans une position très délicate. Soit il se tait, conserve son poste et se justifie en se disant qu’il ne fait qu’obéir aux ordres, soit il tente de dénoncer une pratique illicite au risque de perdre son emploi et même de se faire poursuivre en justice.

La loi du silence

Cette loi du silence n’est cependant pas limitée à l’entreprise privée. Elle s’applique de la même façon à la fonction publique.

Comme dans l’entreprise privée, le fonctionnaire doit se taire au risque de perdre non seulement son emploi mais aussi d’être poursuivi en justice par les gouvernants qu’il dénonce. Qu’importe si son témoignage pourrait éclairer des pratiques douteuses…

Les politiciens et leurs sbires à cravate coupables de ces crimes envers la population, auront tôt fait d’utiliser un arsenal juridique afin de ralentir les procédures légales, leur permettant ainsi de brouiller les pistes et voire même, de faire disparaître les preuves de leurs méfaits. Ainsi, faute de preuves, le simple fonctionnaire sera suspendu sans solde et accusé d’insubordination et de diffamation en toute légalité.

Sommes-nous encore une société démocratique?

Mais qui est le véritable employeur du fonctionnaire? Son supérieur immédiat? Le PDG de son organisme? Le ministre de son ministère? Le parti au pouvoir ou le peuple qu’il sert? Dans une société réellement démocratique, le fonctionnaire honnête se devrait d’être loyal envers la population qui le paie de ses taxes. Mais ce scénario idéal est loin de la réalité.

Nous sommes dans une société de droit. Mais quand le droit est utilisé par les gouvernants pour imposer la loi du silence aux employés de l’état, sommes-nous toujours dans une société démocratique?

Voir aussi : La loi du silence dans l’État – Prise 2

RC





2 commentaires concernant “La loi du silence dans l’État”

  1. Richard commente :

    40something,

    Je ne voulais pas suggérer que les gouvernants imposaient la loi du silence avec plus de force que l’entreprise privée, surtout lorsqu’il s’agit d’une grande entreprise qui a le même arsenal juridique à sa disposition que les gouvernants. Cependant, contrairement aux entreprises privées qui font parfois souffrir leurs employés et leurs clients par leur bêtise ou par leur malhonnêteté, c’est toute la société qui souffre de la bêtise et de la malhonnêteté des gouvernants.

    De plus, dans l’entreprise privée, les gestionnaires déloyaux à leurs patrons ou à leurs actionnaires, finissent souvent par se faire pincer, ne serait-ce qu’en se faisant mettre à la porte. Pas tous, c’est vrai. Mais tôt ou tard, ces gestionnaires doivent répondre de leurs actes à quelqu’un, quelque part…

    Ce n’est pas le cas pour les gouvernants. Sinon, pourquoi la population réclamerait-elle régulièrement des commissions d’enquête lorsqu’elle se sent flouée? Et pourquoi ces mêmes gouvernants refuseraient de telles enquêtes? À qui les gouvernants rendent-ils compte? Et où est cette force du nombre quand, par exemple, 80 % des Québécois réclame une commission d’enquête sur la corruption de l’industrie de la construction alors que le gouvernement Charest s’y refuse?

    Cette force du nombre, représentée légalement par les syndicats, est ce qui assurait cette fameuse sécurité d’emploi des employés de l’état dont vous parlez. Pourtant, en embauchant principalement des contractuels pour combler des postes autrefois permanents au sein des gouvernements, cette ancienne réalité disparaît à vue d’œil. Les syndicats perdent un peu plus de terrain chaque jour et une part importante de la population pense que c’est une bonne chose. Est-elle devenue stupide ou est-elle victime de la propagande de droite? C’est peut-être plutôt ça la question au fond…

  2. 40something commente :

    Je ne crois pas que les gouvernants imposent la loi du silence plus que l’entreprise privée. Ce sont les employés qui se limitent eux-mêmes parce que dans tous les cas, parler revient à signer son arrêt de travail. Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas pire dans le public que le privé, même que ce serait un peu le contraire puisque dans le public, il y a une sécurité d’emploi qui n’existe absolument pas dans le privé…

    Aucun employeur n’accepte de se faire dénoncer ni même d’être questionné sur sa gestion sans qu’il y ait un prix à payer… La solution dans le secteur public serait de dénoncer en groupe. Si tout un groupe d’employés s’unit et tient le même discours, il serait alors assez difficile de tous les mettre à la porte sous de faux prétextes! Pourtant, peu le font… Ça ne serait pas ça la vrai question dans le font? Pourquoi les employés ne s’unissent pas pour dénoncer en commun et profiter de leur rapport de force?

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