Les policiers appelés à la désobéissance civile

Dimanche, 25 septembre 2011

En guise de réponse à la chronique de Normand Lester intitulée : Comment se débarrasser de Jean Charest où il invite les policiers à livrer les informations compromettantes qu’ils détiennent sur les agissements du gouvernement, aux médias.

Le texte de Monsieur Lester exprime de toute évidence un point de vue souverainiste de la situation politique et sociale actuelle. Cette prise de position diminue malheureusement la crédibilité de l’auteur pour la majorité des québécois qui elle, n’est pas souverainiste pure et dur. Il accuse autant le gouvernement Charest que le reste du Canada, en écorchant les groupes ethniques au passage « à la Parizeau ». On se souviendra que cette attitude du premier ministre à l’époque, justifiée ou non, n’avait pas été très populaire auprès des québécois qui sont, malgré tout, très tolérants face aux immigrés.

Ceci dit, l’auteur incite clairement les policiers à la désobéissance civile. Je suis d’accord avec lui pour dire qu’au point où nous en sommes, il faut que les citoyens ayant accès à des informations compromettantes les livrent aux médias. Puisque le corps policier semble avoir déjà entamé le pas dans cette direction et qu’il pourrait détenir ce genre d’information, cet appel est censé.

Cet appel à la désobéissance civile s’adresse d’ailleurs à la conscience morale et au sens du devoir des policiers qui demeurent, rappelons-nous, le « dernier rempart » de la démocratie après les médias. Quand les policiers ne sont plus que la force de frappe aveugle du gouvernement, quand ils négligent de protéger le peuple pour n’obéir qu’à l’État, le corps policier n’est plus qu’une vulgaire Gestapo. Dans le contexte actuel, cette désobéissance civile des policiers serait en fait un geste à la fois héroïque et démocratique. Les policiers feraient fi de l’influence corrompue du gouvernement et même de l’orientation politique des médias en les forçant à divulguer la vérité. Suite à ce geste courageux de leur part, on pourrait d’ailleurs assister à un raz-de-marée de désobéissance civile de la part des fonctionnaires en mesure, eux aussi, de livrer des documents et des témoignages compromettants aux médias et/ou au corps policier.

Dommage que l’auteur en fasse un geste « souverainiste » alors qu’il s’agit de sauver notre démocratie. Un changement de gouvernement aux prochaines élections ne changerait pas grand-chose, qu’il soit souverainiste ou non. Il y aura toujours des hommes et des femmes corrompues pour qui la morale se réduit aux textes de lois et à la façon de les contourner. C’est notre système légal qui est corrompu et notre sentiment d’impuissance face à ce système qui lui donne toute sa force. Une révision en profondeur du fonctionnement de notre société ainsi que de ses valeurs doit être mise sur la table et débattue. L’implication des citoyens est plus importante que jamais.

Pour le moment, il ne reste plus qu’à souhaiter que d’autres personnalités, qu’elles soient du milieu journalistique ou non, expriment une opinion similaire afin de donner le courage aux détenteurs d’information compromettantes de les soumettre à la population. L’heure est grave et ce qui se produira dans les prochaines semaines et les prochains mois risque de déterminer l’avenir de notre société à long terme.

RC





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